Le budget 2025 étant désormais définitivement adopté, l’heure des comptes est venue pour le secteur de la rénovation énergétique.
2,1 milliards d’euros de crédit pour MaPrimeRénov’ : des ambitions revues à la baisse ?
La subvention versée par l’État pour financer MaPrimeRénov', principale aide publique à la rénovation énergétique des logements, s’élèvera à 2,1 milliards d’euros en 2025, a confirmé le ministère du Logement la semaine dernière, après l’adoption du budget.
« Après des semaines de montagnes russes, c’est un réel soulagement pour le secteur de la construction », a déclaré la Fédération française du bâtiment dans un communiqué, en évoquant « le maintien du budget de MaPrimeRénov ». Un satisfecit en phase avec la position du gouvernement, exprimée ainsi dans Ouest-France par Valérie Létard, ministre du Logement : « On n’a pas raboté MaPrimeRénov', […] les paiements (des aides) vont pouvoir démarrer dès que la loi sera promulguée », alors que les virements des dossiers instruits étaient en ce début d’année impossibles, faute de budget.
Fonte ou maintien ?
Si certains se montrent enthousiastes, des analyses moins optimistes n’ont toutefois pas tardé. Pour Challenges, qui fait état de la « fonte du budget MaPrimeRénov’ », l’aide à la rénovation énergétique « a fait les frais des recherches d’économies du gouvernement ». Le Monde évoque pour sa part de « sévères coups de rabot ». En 2024, 3,1 milliards d’euros avaient en effet été alloués au dispositif dans le cadre de la loi de finances initiale. Cette année, le montant annoncé de 2,1 milliards d’euros (similaire à la somme versée en 2023) est en baisse d’environ 16 % par rapport à la version initiale du projet de loi de finances pour 2025 : elle prévoyait 2,5 milliards d’euros de crédits de paiement.
« Sur les crédits de paiement, nous fournissons un effort pour accompagner la maîtrise de la dette publique de 460 millions d’euros », reconnaît Valérie Létard, qui précise toutefois que « les paramètres d’attribution des aides et les montants ne changent pas. » Que se passera-t-il si tous les crédits sont alloués avant la fin de l’année ? « Nous pourrons mobiliser les réserves de l’Anah (Agence nationale de l’habitat) si besoin, et nous avons l’engagement de Bercy de pouvoir régulariser tous les paiements en fin d’année », promet la ministre.
Pour le gouvernement, l’enjeu est capital : s’il veut s’en tenir à ses ambitions, il devra rénover 900 000 logements par an en 2030. Pour y parvenir, le baromètre de la planification écologique misait sur 200 000 rénovations d’ampleur en 2024. Avec 91 000 logements totalement rénovés l’an dernier, cet objectif n’a été atteint qu’à 45,5 %.
Alexandre Hervaud