Au premier trimestre 2026, les ventes en bloc se redressent (+2,8 %), portées par des bailleurs sociaux désormais à l’origine de 83,6 % des réservations institutionnelles. Du côté des particuliers, les réservations se stabilisent, mais les mises en vente s’effondrent.
Logement neuf : les bailleurs sociaux maintiennent le marché à flot au premier trimestre
Selon les dernières données publiées par le Service des données et études statistiques (SDES), le marché du logement neuf reste profondément dépendant de la commande institutionnelle.
Au premier trimestre 2026, 13 318 logements ont été réservés dans le cadre de ventes en bloc, en hausse de 2,8 % par rapport au trimestre précédent (données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables). Ces ventes représentent désormais 44,7 % de l’ensemble des logements neufs réservés, particuliers compris, soit près d’une réservation sur deux.
Le nombre d’opérations progresse plus vite encore : 591 ventes en bloc ont été comptabilisées, en augmentation de 8,8 % sur le trimestre. Mais ces opérations sont en moyenne plus petites, avec 22,5 logements par vente (-5,9 %). Sur un an, le bilan reste négatif : le nombre de logements réservés en bloc recule de 5,8 % par rapport au premier trimestre 2025.
Le véritable enseignement tient à la nature des acquéreurs. Les bailleurs sociaux concentrent désormais 83,6 % des logements vendus en bloc, un taux en progression de 3,6 points sur le trimestre. Leurs acquisitions augmentent de 7,5 %, tandis que celles des autres acquéreurs (investisseurs privés et institutionnels non sociaux) chutent de 15,8 %. Comprendre : ce trimestre, les organismes HLM soutiennent quasi exclusivement le segment du bloc.
Ces réservations restent très majoritairement collectives (95,4 % en habitat collectif) et se concentrent sur les territoires les plus tendus. Pour rappel, le zonage A/B/C est un découpage administratif qui classe les communes selon la tension du marché immobilier : les zones A et A-bis regroupent Paris, la majeure partie de l’Île-de-France, la Côte d’Azur et la frontière suisse, tandis que la zone B1 réunit les autres grandes agglomérations de plus de 250 000 habitants. Ce sont précisément ces secteurs qui captent l’essentiel des ventes en bloc : 79,8 % des logements concernés s’y situent, dont 42,0 % dans les seules zones A et A-bis.
Côté particuliers : une offre en repli marqué
Le marché de détail dresse un tableau plus contrasté. Au premier trimestre 2026, 16 502 logements neufs ont été réservés par des particuliers, une hausse de 4,0 % sur le trimestre. En revanche , sur un an, ce niveau reste quasi stable (-0,1 %), confirmant l’atteinte d’un palier bas plutôt qu’un véritable rebond.
Du côté de l’offre, le signal est le plus net. Seuls 13 939 logements ont été mis en vente, traduisant une chute de 12,7 % sur le trimestre et de 31,3 % sur un an. Les promoteurs continuent donc de freiner les lancements commerciaux. Mécaniquement, le stock se contracte : l’encours s’établit à 118 927 logements disponibles à la vente, en baisse de 3,1 % sur le trimestre et de 1,5 % sur un an.
Les prix, eux, tiennent bon. Le prix moyen des appartements neufs atteint 4 990 euros le mètre carré, en légère hausse (+0,8 %), tandis que celui des maisons individuelles s’établit à 343 576 euros, en repli de 3,8 %. Le délai d’écoulement des appartements reste mesuré, à 7,2 trimestres.
Au total, le premier trimestre 2026 dessine un marché du neuf soutenu à bout de bras par la sphère publique et parapublique. Quand les bailleurs sociaux montent en puissance, les investisseurs privés se retirent et les promoteurs rationnent leurs nouvelles offres. La stabilisation des réservations de particuliers, à un niveau historiquement bas, ne suffit pas à inverser la dynamique de réduction de l’appareil de production.
Alexandre Hervaud