Depuis le MIPIM à Cannes, Romain Daubié, député de l'Ain, revient sur la loi qu'il a portée pour faciliter la transformation des bureaux vacants en logements, levant deux verrous juridiques majeurs qui paralysaient jusqu'ici ces reconversions.
Romain Daubié (député) : “La reconversion des bureaux, c’est un potentiel de 80 000 logements en Ile-de-France”
Face à la crise du logement et à la multiplication des bureaux inoccupés, le député de l'Ain Romain Daubié a fait voter en 2025 une loi visant à faciliter la reconversion de ces espaces en habitations. Invité de l'émission Smart Immo présentée par Fabrice Cousté depuis le MIPIM 2026 à Cannes, il en a détaillé la genèse et la portée :
Transformer les bureaux vacants en logements : c’est l’objectif de la loi portée et votée en 2025 par Romain Daubié, député de l'Ain. Objectif : lever plusieurs blocages réglementaires afin de faciliter ces reconversions, dans un contexte de crise du logement et de vacance accrue des bureaux.
Une loi pour transformer les bureaux en logements
Le constat à l'origine du texte est double : des situations concrètes de blocage au sein de copropriétés, où un seul propriétaire pouvait paralyser toute transformation, et un stock de bureaux vacants considérable. En Île-de-France, 5,7 millions de mètres carrés — soit 8,5 % du parc — sont aujourd'hui inoccupés. Ramené à une surface moyenne de 70 m² par logement, le potentiel est saisissant : “ça fait un potentiel de 80 000 logements en Île-de-France, là où on en manque cruellement”, souligne le député depuis le studio BSmart 4Change au MIPIM.
La loi agit sur deux leviers juridiques. En droit public, elle permet aux élus d'autoriser ces reconversions par simple délibération, sans passer par une révision du PLU, longue et coûteuse. En droit privé, elle abaisse le seuil de décision en copropriété : l'unanimité requise par la loi de 1965 laisse place à la majorité simple de l'article 24. Conséquence directe : “il n'y a plus de droit de veto”, tranche Romain Daubié, qui cite en exemple une opération dans les Yvelines bloquée par une seule propriétaire alors que tous les autres acteurs (élus, riverains, opérateurs) étaient favorables à la transformation.
La loi ne prétend pas résoudre à elle seule la crise du logement, ni imposer la reconversion de tous les bureaux : des garde-fous sont maintenus, et la viabilité économique de chaque opération reste à l'appréciation des acteurs privés, sans mécanisme de subvention. Un bonus de constructibilité de 25 % est toutefois accordé pour certaines destinations, comme les résidences étudiantes, afin d'aider à équilibrer les projets.
Premiers retours encourageants : un promoteur s'apprête à lancer une opération dans les Hauts-de-Seine grâce à ce nouveau cadre. Romain Daubié rappelle également l'intérêt environnemental de la démarche, la transformation d'un bâtiment existant générant un bilan carbone bien inférieur à une démolition-reconstruction, et note que la pression politique s'inverse : à l'approche des municipales, ne pas avoir construit pourrait bien devenir le vrai handicap électoral.
La rédaction