Depuis le MIPIM, Christel Zordan, directrice générale de la Société de la Tour Eiffel, analyse les freins et les leviers de la transformation du parc de bureaux, entre blocages politiques, équation économique à trouver et mutation profonde des métiers de l'asset management.
Christel Zordan (Société de la Tour Eiffel) : “dans chaque crise il y a des opportunités”
La Société de la Tour Eiffel engage depuis quatre ans une diversification progressive de son patrimoine, dont les bureaux représentent encore plus de 75 %. Objectif : ramener cette part à environ deux tiers, en s'ouvrant à d'autres classes d'actifs. C'est le constat que dresse Christel Zordan, sa directrice générale, invitée de l'émission Smart Immo sur BSmart depuis le MIPIM 2026 à Cannes :
L’immobilier doit se réinventer, estime Christel Zordan, directrice générale de Société de la Tour Eiffel. À Paris La Défense comme ailleurs, la transformation de bureaux en logements s’impose comme l’une des pistes pour adapter le parc immobilier aux nouveaux usages. Une mutation qui conduit aussi les acteurs du secteur à repenser le rôle même de l’asset manager.
Les transformations de l'immobilier
Si la loi Daubié est saluée pour ses vertus, Christel Zordan identifie un verrou plus profond : la volonté politique locale. “Certains élus sont encore dans le déni que les bureaux n'ont plus d'avenir dans certaines localisations”, observe-t-elle, pointant aussi les rendements insuffisants pour convaincre des conseils d'administration exigeants. Des pistes émergent néanmoins, notamment un nouveau modèle contractuel, exploré par Paris La Défense, Arcadis et la chaire immobilier de l'ESSEC, qui inciterait toute la chaîne d'intervenants à maîtriser les coûts plutôt qu'à les maximiser.
La mutation est aussi humaine : dans un marché où la compression de taux appartient au passé, “l'asset manager retrouve toute sa valeur”, avec une compétence multi-classes d'actifs désormais indispensable. Une crise qui, vue sous le bon angle, recèle ses opportunités.
La rédaction