Depuis le MIPIM 2026, Frédéric Ciuntu, président de l'Association des Directeurs Immobiliers, analyse le retour au bureau : réel mais insuffisant pour résorber la vacance, il pousse les entreprises vers plus de flex-office et de services, dans un marché locatif qui reste favorable aux utilisateurs.

Le retour au bureau est réel, mais il ne suffira pas à résorber la vacance. C'est le constat lucide que dresse Frédéric Ciuntu, président de l'Association des Directeurs Immobiliers (ADI), invité de l'émission Smart Immo sur BSmart depuis le MIPIM 2026 à Cannes. L'ADI regroupe quelque 420 membres, couvre 65 % des entreprises du CAC 40 et représente 320 millions de mètres carrés :

Retour au bureau : quel impact ?
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Retour au bureau : quel impact ?

Le retour au bureau des collaborateurs redessine les stratégies immobilières des entreprises explique Frédéric Ciuntu, président de Association des Directeurs Immobiliers. Pour autant il n'y aura pas de retour en arrière mais une adaptation des bureaux vers davantage de flex office et de services.

10 mars 2026

Le mouvement de retour au bureau s'observe depuis deux à trois ans, porté par une conviction simple : "les collaborateurs ont besoin d'échanger, d'avoir des réflexions communes, et ça ne se fait jamais mieux qu'en interaction", résume Frédéric Ciuntu. Au-delà de la productivité, c'est le lien social et l'évolution de carrière qui sont en jeu : plusieurs grandes entreprises ont constaté que les collaborateurs les plus absents physiquement progressaient moins, faute de visibilité. Si certains grands groupes bancaires ont imposé le retour à cinq jours, la réalité du marché se stabilise aujourd'hui autour d'une à deux journées de télétravail hebdomadaire, contre un pic post-Covid bien supérieur.

Pour autant, ce retour ne se traduira pas en demande de surfaces nouvelles. Les entreprises disposent encore de marges importantes : le taux moyen de flex-office atteint 0,7 poste pour un collaborateur, ratio jugé encore "très large", et beaucoup de structures, notamment les plus petites, n'ont pas encore entamé leur réorganisation spatiale. Dans ce contexte de vacance élevée (près de 6 millions de mètres carrés en Île-de-France), le marché reste favorable aux utilisateurs pour renégocier leurs baux et réinvestir les économies réalisées dans des aménagements plus qualitatifs. L'enjeu désormais : faire du bureau un lieu suffisamment attractif pour donner envie d'y revenir, à l'heure des "bureaux cinq étoiles" où la qualité de service devient un critère différenciant.

La rédaction