Créée en 2021, Avison Young France, branche française de la société de conseil en immobilier canadienne, confirme sa croissance. Son président Thomas Canvel rappelle les atouts particuliers de son équipe et les enjeux qui se profilent.
Thomas Canvel (Avison Young) : "Notre marque de fabrique : un service sur-mesure pour nos clients !"
DÉCIDEURS. Moins de quatre ans après sa création, comment se porte l’activité d’Avison Young France ?
Thomas Canvel. Nous poursuivons notre développement et notre implantation en France avec le soutien constant de notre maison mère. Aujourd’hui, avec près de 35 collaborateurs, et quatre départements, nous couvrons de façon efficace les principaux métiers du conseil en immobilier. À ses débuts en France, Avison Young a démarré son activité avec l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), département qui compte désormais plus d’une quinzaine de collaborateurs avec un très bon développement et une croissance linéaire. Nous travaillons avec des clients de haut standing, dont quelques mastodontes anglo-saxons de la tech et du divertissement, et également des missions auprès de prestigieux cabinets d’avocats internationaux ou de groupes hôteliers majeurs. Notre force est d’avoir une équipe AMO internationale, totalement bilingue français-anglais et, pour certains, la maîtrise d’une troisième langue. Cette diversité prend toute sa force lors de missions où tous les départements sont mobilisés pour gérer collectivement un dossier à forts enjeux.
Le département Capital Markets regroupe une dizaine de personnes, toutes expérimentées. Nous avons ainsi la capacité d’intervenir sur toutes les classes d’actifs et pouvons être force de proposition dans un marché de l’investissement immobilier qui reste très challengé.
Aujourd’hui, au moins 50 % de notre activité consiste à trouver de manière très chirurgicale un rapprochement entre acheteurs et vendeurs, c’est vraiment notre marque de fabrique. Par exemple, Icade avait un projet d’école dans le 13e arrondissement de Paris, sans capacité de le finaliser. Nous leur avons trouvé un repreneur, hors mandat de vente : c’était la bonne personne au bon moment. Nous avons fait la même chose avec une société propriétaire d’un immeuble de 5 000 mètres carrés de bureaux à Paris, en identifiant un investisseur privé qui va en faire de l’hôtellerie.
Notre département Real Estate Advisory accompagne les sociétés, la majorité du temps locataires, dans la définition de leurs besoins et la mise en place de leur stratégie immobilière. Il y a beaucoup d’interrogations liées à l’évolution des modes de travail en entreprise, et chacune a des problématiques différentes, ce qui implique de faire du sur-mesure pour que le cahier des charges réponde de façon adéquate aux attentes de l’entreprise et de ses collaborateurs. Parallèlement, nous menons des réflexions plus globales d’optimisation du coût immobilier général – gestion du parc immobilier, renégociation de bail, externalisation du patrimoine, scénarios stay vs go…
« C’est un métier de réseau, à forte dimension relationnelle : les gens veulent travailler avec les bons consultants plutôt qu’avec une marque »
Nous sommes aussi en mesure d’intervenir en délégation ou en sous-traitance de certains propriétaires immobiliers, pour les accompagner sur des missions spécifiques afin d’auditer et optimiser leur gestion de patrimoine. Ce département, constitué de cinq personnes, a vocation à grandir. Enfin, nous avons récemment intégré un département Transaction Activité et Industriel, spécialisé dans la location et la vente utilisateur. Trois collaborateurs composent d’ores et déjà l’équipe et seront rejoints fin 2025 par deux autres talents. C’est un métier de réseau, à forte dimension relationnelle : les gens veulent travailler avec les bons consultants plutôt qu’avec une marque.
Ces quatre départements travaillent à la fois en autonomie, en équipe et en synergie. Dans l’écosystème industriel et activité par exemple, nous sommes souvent amenés à discuter avec les décideurs, ce qui constitue parfois le point d’entrée d’une réflexion plus large : au-delà de la recherche de local commercial précis, il y a la possibilité d’accompagner nos clients sur des missions plus complètes de recherche d’implantation ou d’optimisation du parc existant. Par ailleurs, les locaux d’activités et industriels sont une typologie d’actifs plébiscitée par les investisseurs, car située dans des zones périurbaines sur des fonciers qui peuvent avoir des perspectives de valeur intrinsèque plus importantes que leur usage actuel.
À l’automne 2024, vous avez lancé un département Real Estate Advisory. Quels sont ses objectifs ?
Real Estate Advisory est un département qui conseille locataires et propriétaires, travaillant dès à présent en synergie avec les départements Capital Markets et AMO. Il travaille sur une dizaine de missions qui couvrent un large spectre : recherches de locaux pour utilisateurs, renégociations de baux pour le compte d’utilisateurs, externalisations de groupes industriels et accompagnement sur les transactions immobilières, avec une équipe Workplace qui accompagne dirigeants et collaborateurs dans la redéfinition des espaces de travail. Forts de ce savoir-faire, nous accompagnons aussi des propriétaires dans leur réflexion immobilière, notamment ceux qui n’ont pas les équipes ou les ressources en interne, afin de les aider à redéfinir le positionnement de leurs actifs en fonction des attentes évolutives des locataires.
En 2025, le département Transaction Activité et Industriel a été créé : quel est son périmètre ?
C’est un département consacré aux transactions locatives ou vente utilisateur dans le domaine des locaux d’activité et industriels, avec un rayonnement sur toute la région Île-de-France. Une équipe qui a vocation à grossir pour être a minima de cinq personnes. Elle travaillera en partenariat avec les équipes Real Estate Advisory pour couvrir l’ensemble des problématiques utilisateurs, et pourra collaborer occasionnellement avec l’équipe Capital Markets, dans le cadre de transactions investissements et pour mettre à profit leur connaissance terrain, afin d’identifier des sites qui se prêteraient à un redéveloppement et de chercher plus de valeur pour les propriétaires. Malgré des signaux positifs, beaucoup d’acteurs du secteur oscillent encore entre prudence et optimisme.
Quel est votre sentiment sur l’état du marché ?
Les dynamiques diffèrent selon les activités. Côté Capital Markets, nous observons une reprise du marché, même si le bureau n’est pas la classe d’actifs la plus attractive. Il faut pouvoir offrir des options plus larges aux investisseurs, en étant présent sur les secteurs du commerce, de la logistique, du résidentiel géré. Certains propriétaires sont désormais plus enclins à accepter les ajustements financiers du marché, ce qui permet un rapprochement des courbes entre les capacités d’investissement des acheteurs et la capacité d’acceptation des vendeurs. Cette relance des liquidités n’empêche pas le marché de rester relativement tendu, loin de ce que nous connaissions il y a quelques années.
Quelles sont les perspectives pour Avison Young France ?
Notre objectif à court terme reste de consolider les équipes existantes et de renforcer la partie Real Estate Advisory. C’est un marché très porteur, qu’il s’agisse d’optimisation d’utilisation des locaux, d’optimisation financière, d’audit des besoins et de la réponse associée. Il y a un besoin fort d’accompagnement sur mesure qui nécessite d’avoir une équipe à taille humaine capable de traiter toutes les problématiques à 360 degrés. Outre le renforcement de ce département et de notre département AMO, dont la croissance endogène continue, nous envisageons d’étendre nos services. Nous avons entamé une réflexion autour de la création d’un pôle d’expertise à horizon début 2026.
Propos recueillis par Alexandre Hervaud.