Le gouvernement veut privilégier les rénovations d’ampleur.

C’est une annonce qui risque de faire grincer beaucoup de dents alors que la France sort de deux épisodes de canicule historique. Le ministère du Logement a décidé de revoir, une nouvelle fois, les règles d’accès à MaPrimeRénov’.

À partir de septembre, l’accès aux aides ne sera donc plus possible pour les travaux réalisés de manière isolée. Une isolation des combles, l’installation de systèmes de ventilation ou de nouvelles fenêtres ne bénéficieront donc plus d’aides. Parmi les autres opérations concernées figure l’installation de poêles à bois, de chauffe-eau solaires (à l’exception de l’outre-mer), mais aussi de pompes à chaleur consacrées à la production d’eau chaude.

Il est désormais presque plus simple de lister les travaux encore éligibles individuellement : l’installation de pompes à chaleur, le raccordement à des réseaux de chaleur ou encore la dépose d’une cuve à fioul. Le décret et l'arrêté détaillant tout cela devraient être publiés le 2 juillet.

Tout ou rien

Le ministère se justifie en affirmant vouloir concentrer les budgets sur les rénovations complètes, jugées plus efficaces. Reste que, si une rénovation complète est effectivement idéale, le budget nécessaire la met souvent hors de portée de la grande majorité des foyers. Le gouvernement réaffirme au passage sa volonté de pousser l’électrification en favorisant l’installation de pompes à chaleur. Une orientation motivée, entre autres, par l’explosion des coûts de l’énergie provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz.

C’est donc un nouveau changement de règles pour le dispositif d’aide à la rénovation énergétique. Outre un manque de lisibilité pour les particuliers, qui ont bien du mal à se projeter, les professionnels redoutent, eux, une avalanche de demandes de travaux afin de profiter des aides avant leur suppression. Et si, officiellement, les budgets alloués restent les mêmes, il est légitime de se demander si cette énième évolution n’est pas davantage destinée à limiter le recours aux aides qu’à autre chose, alors qu’un nouveau tour de vis budgétaire se profile pour le budget 2027. Un signal qui ne rassure pas, alors que les épisodes climatiques extrêmes, qui constituent désormais la norme, illustrent plus que jamais le besoin de rénovation et d’adaptation des habitations.

François Arias

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