Le douzième baromètre Paris Workplace, dévoilé le 5 novembre par SFL et l’Ifop, apporte un éclairage sur l’évolution des usages tertiaires en Île-de-France.
Paris Workplace 2025 : comment l’engagement des salariés rebat les cartes du marché du bureau
Alors que le marché du bureau reste en phase de recomposition, l’étude commandée à l’Ifop par la foncière de bureaux SFL (Société foncière lyonnaise) révèle un lien direct entre qualité des espaces, retour au bureau et engagement des salariés — un trio qui pourrait redéfinir les stratégies immobilières des entreprises comme des investisseurs.
Réalisée au printemps 2025, l’étude a été menée auprès d’un échantillon de 1 303 salariés représentatifs de l’ensemble des salariés franciliens (Paris et petite couronne) travaillant dans un bureau au sein d’entreprises (hors administration et service public) comptant plus de dix salariés. Les salariés interrogés ont été segmentés en trois catégories selon leur degré d’engagement (motivation, attachement, etc.) : les super-engagés (38 % de la population totale), les neutres (40 %) et les désengagés (22 %).
Ces derniers, décrits comme non démissionnaires mais détachés, s’avèrent surreprésentés parmi les adeptes du "100 % télétravail" : 44 % des salariés qui souhaitent quatre à cinq jours de télétravail hebdomadaire sont des "désengagés". Ce profil qui privilégie le travail à distance tout en se détachant progressivement de la vie collective a une incidence directe sur la fréquentation réelle des bureaux, la prévisibilité des taux d’occupation, et la capacité des entreprises à optimiser leurs surfaces.
Dévoilée en présence de Frédéric Dabi (directeur général opinion de l’Ifop), Myriam El Khomri (ancienne ministre du Travail, directrice Conseil et Stratégie RSE du courtier Diot-Siaci), et Geoffroy Roux de Bézieux (président d’honneur du Medef), l’étude pointe ainsi des comportements souvent invisibles mais lourds de conséquences. Autant de signaux d’alertes qui renforcent la nécessité pour les entreprises de repenser leurs environnements de travail pour recréer du lien et stabiliser leurs équipes.
Les bureaux : un actif RH et un facteur de performance
Le baromètre 2025 confirme une tendance structurante, in fine peu surprenante : plus l’environnement de travail est qualitatif, plus les salariés sont engagés et présents. L’étude montre ainsi que l’accès à des services type cafétérias, espaces de détente ou crèches est plus fréquent chez les collaborateurs les plus engagés.
Parmi les salariés super-engagés, 84 % estiment que les bureaux renforcent l’esprit d’équipe, 64 % les perçoivent "comme un lieu de vie autant que de travail". Atout stratégique pour recruter, fidéliser et engager, les bureaux contribuent même à créer un "sentiment d’appartenance", notamment grâce aux espaces comme des lieux de détente, des cafétérias ou des restaurants d’entreprise.
Ces équipements, longtemps considérés comme accessoires, deviennent des éléments différenciants dans un marché parisien marqué par la montée en gamme des immeubles, l’étude allant jusqu’à les qualifier de "catalyseurs de lien social".
La rédaction

