Quelques semaines à peine après son élection à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire part en croisade contre les logements inoccupés.
Paris : la nouvelle mairie serre la vis sur les logements vacants
Si la pénurie de logements est une problématique nationale, elle se fait peu autant ressentir que dans la capitale. Entre un foncier rare, une pression touristique élevée et des tarifs qui s’envolent, se loger à Paris est plus difficile que jamais. Une situation d’autant plus paradoxale que la ville perd des habitants de manière régulière depuis des décennies.
Un réservoir de logements inexploités
Pour tenter d’améliorer la situation, la municipalité veut donc s’attaquer à la question ô combien sensible des logements inoccupés, estimés à environ 300 000. Un chiffre qui regroupe cependant des réalités multiples, allant de résidences secondaires occupées de manière plus ou moins régulière à des appartements vides depuis des décennies. Les deux catégories représenteraient cependant un nombre équivalent de biens. Elles sont également en croissance régulière, de près de 7000 appartements par an.
Pour favoriser le retour de ces biens à un usage de résidence principale, la mairie a décidé de taper au portefeuille, en utilisant un outil existant : une taxe sur les logements vacants mise en place en 2023. Calculée en fonction de la valeur locative cadastrale du logement, elle sera de 17 % pour la première année d’imposition et de 34 % l’année suivante. Un taux qui augmentera fortement en 2027 grâce à une évolution de la législation : il atteindra alors 34 % dès la première année et 68 % la deuxième.
Le but avoué de la mairie : faire revenir 80 000 logements sur le marché de la location. Quitte, au passage, à faire hurler l'opposition et les associations de copropriétaires, qui dénoncent notamment le fait que nombre de ces logements sont pour le moment inlouables, leurs propriétaires n’ayant pas les fonds nécessaires pour les mettre aux normes.
Des moyens humains mis en place
Pour mettre en application cette politique, la mairie va créer une « brigade de protection des logements », composée de près de 150 personnes, dédiée à des vérifications sur le terrain. Elle compte également sur l’aide des syndics de copropriété pour détecter les logements vacants. Une plateforme de signalement en ligne sera mise en place dans les semaines à venir. La municipalité entend aussi serrer un peu plus la vis sur les meublés touristiques illégaux, dont le nombre est estimé à environ 25 000.
Bien que locale, cette décision de lutter contre les logements vacants s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sur le logement en France. Souvent prescriptrice sur les sujets d’urbanisme, la mairie de Paris sera très probablement observée de près par les édiles français faisant face à des problématiques similaires.
La question ne se limite d’ailleurs pas à la France : au même moment, le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé la mise en place d’une « pied-à-terre tax » (en français dans le texte), visant les résidences de luxe (plus de 5 millions de dollars) qui ne sont pas utilisées comme résidences principales.
François Arias

