JLL fait le point sur l’activité datacenter francilienne en 2025
Datacenters : l’Île-de-France toujours dans le peloton de tête européen
Porté par des demandes liées à l’IA proprement démentielles, le marché du datacenter a explosé en 2025, avec 66 MW de capacité mise en service. Un chiffre triplé par rapport à 2024. JLL rapporte aussi que le taux de vacance du secteur n’est que de 7 % et que les rares espaces disponibles sont concentrés sur des capacités de moins de 1 MW. Une situation qui ne devrait pas s’améliorer dans l’immédiat, puisque les prochaines livraisons majeures ne sont pas prévues avant la mi-2027.
L’Île-de-France au pied du podium européen
Reste que le grand jeu des datacenters est une compétition permanente dans laquelle la région capitale continue de se maintenir à la quatrième place, derrière Francfort, Londres et Amsterdam. Principal critère pour rester compétitif : l’accès à l’énergie et son coût. Chaque augmentation se traduit directement par une hausse des coûts d’exploitation.
Si RTE est souvent critiqué pour la lenteur de ses raccordements, la France propose une énergie plus abordable que celle de ses concurrents directs, tout en étant peu vulnérable aux aléas climatiques et fortement décarbonée. Ce sont donc 188 MW de projets, plus ou moins avancés, qui sont actuellement en développement en Île-de-France. Ces derniers se concentrent principalement dans les zones périurbaines, pour des questions de disponibilité du foncier et de facilités de raccordement.
Simon Williams, Directeur France, Conseil Data Center aux Utilisateurs chez JLL, commente : « Il y a actuellement un niveau d'intérêt et un nombre de projets sans précédent dans la région parisienne. Cette demande est portée par les hyperscalers traditionnels et les sociétés de colocation, mais aussi par les besoins en IA qui évoluent rapidement et les Neoclouds qui fournissent des GPU en tant que service. La demande souveraine est également un moteur du marché. Cependant, cette croissance est freinée par des contraintes structurelles fortes, notamment le manque de foncier et les défis liés à l'énergie. À l'heure actuelle, les utilisateurs recherchant des capacités significatives prêtes à être mises en service constatent qu'il n'y a pas ou peu d'options disponibles immédiatement. JLL estime qu'il faudra au moins deux ans avant que l'offre en Ile-de-France puisse répondre à la demande. Dans l’intervalle, de plus en plus d'acteurs se tournent vers les régions. ».
Les datacenters continuent donc d’être l’un des rares domaines faisant preuve d’un fort dynamisme en région parisienne. Malgré son attractivité pour le secteur, la région ne peut pour autant pas s’asseoir sur ses lauriers dans un contexte de forte concurrence internationale.
François Arias

