Depuis le Sibca, la directrice de l’Observatoire de l’Immobilier Durable nous en dit plus sur cette future initiative qui a déjà conquis des acteurs majeurs comme Icade, Nexity ou La Poste Immobilier.

Organisé du 2 au 4 septembre 2025 au Grand Palais, le Sibca (Salon de l’Immobilier Bas Carbone) a été l’occasion d’échanger avec un grand nombre de parties prenantes engagées pour l’avenir de nos villes et bâtiments.

Découvrez ci-dessous notre entretien vidéo avec Juliette Lefébure (OID), suivi par le retranscription de l’échange.

Accompagner la transition de l'immobilier
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Accompagner la transition de l'immobilier

Juliette Lefébure, directrice générale de l'Observatoire de l'Immobilier Durable (OID), revient depuis le salon de l'immobilier bas carbone sur le lancement imminent d'une Charte d'engagement pour l'adaptation au changement climatique.

8 septembre 2025

Décideurs. L'Observatoire de l'Immobilier Durable a eu un programme chargé durant le SIBCA, notamment une table ronde intitulée, “Biodiversité et foncier : mesurer, expérimenter et transformer”. Qu'en retenez-vous ? 

Juliette Lefébure. Effectivement, c’est l’un des plus grands salons d’immobilier durable et il était important pour nous d’y être représenté pour évoquer nos travaux. Sur les questions de biodiversité, on a beaucoup parlé de la mesure qui reste le point de départ pour comprendre les problématiques et identifier les priorités pour nos actifs avant d’agir. Nous avons animé la table ronde de la Poste Immobilier qui est un de nos partenaires, pionnier sur ces thématiques. Ce membre de l’OID est revenu sur la manière dont ils abordent la biodiversité via l’expérimentation. Même si aujourd'hui les données ne sont pas encore complètement disponibles, il ne faut pas que ce soit un frein à l'action, et l’expérimentation permet de progresser sur ces sujets pour avoir des impacts concrets. 

L’expérimentation, cela demande souvent une certaine souplesse, un certain volontarisme : est-ce compliqué à insuffler ?

Cela nécessite déjà d'identifier des projets pertinents et d’accepter de se tromper, ce qui est le principe de l’expérimentation. On teste, et on ne sait pas forcément ce qu'on va trouver, mais cela apporte une compréhension plus fine de l’impact de certaines actions, par exemple pour la Poste Immobilier celle du bio-monitoring qui consiste à surveiller les abeilles [issues de ruches présentes sur les sites, ndlr]. À travers leur pollen, on peut identifier les espèces végétales d’un site, et quantifier ainsi leur présence et diversité : sur un de leur site, elles avaient été multipliées par deux. 

L’enjeu, après une expérimentation qui fonctionne, c’est de pouvoir la transposer ailleurs…

Exactement. On a justement évoqué l’importance des initiatives de place et du fait de travailler main dans la main entre acteurs concernés, tout en portant à la connaissance du gouvernement ce type d’initiatives pionnières afin d’adopter des référentiels et outils communs de mesure. 

Le sujet de l’eau a également été abordé durant ce salon : est-ce un défi majeur selon vous ?  

L'eau est un sujet clé finalement assez peu abordé pour une raison simple : l'eau en France reste à un prix très bas, donc on a tendance à sous-estimer son importance, notamment dans le cadre des actifs immobiliers qui ont besoin d'eau pour fonctionner. Par ailleurs, même si la situation est de plus en plus critique en France, elle ne l’est peut-être pas autant que dans d’autres pays, mais les pénuries de plus en plus nombreuses montrent qu’un actif immobilier sans eau ne peut être opéré. C’est un sujet à la croisée des chemins entre biodiversité et adaptation, et il est important de pouvoir benchmarker la performance des actifs pour être plus efficace dans sa consommation d’eau.  

L’OID va prochainement présenter une charte d'engagement pour l'adaptation au changement climatique, de quoi s’agit-il ? 

C'est une initiative que l’on porte dans le cadre du Plan Bâtiment Durable. Face aux impacts du changement climatique, l'enjeu est d'accompagner la filière immobilière à répondre à ces problématiques. Il y a une prise de conscience de plus en plus forte  mais aussi des difficultés à comprendre comment s'y prendre. Des outils de mesure existent : à l’OID, nous avons par exemple le R4RE [“Resilience for Real Estate”, plateforme pour l’analyse de la résilience des bâtiments et des territoires, ndlr], mais d’autres outils existent pour comprendre l’exposition des actifs : quels bâtiments, dans quelles régions, vont être touchés par les aléas climatiques, etc. Une fois ces éléments connus, que faire, où, avec quelles priorités ? 

C’est tout l’enjeu de cette charte : créer un collectif d'acteurs qui vont travailler ensemble au sein d’un cadre offert par l’OID et le Plan Bâtiment Durable. Ils auront trois formes d’engagements à prendre : agir sur leur parc, sur la connaissance de leur salariés et contribuer aux progrès de la filière sur ces sujets. Nous allons dévoiler cette charte le 13 octobre et invitons un maximum de sociétés à nous rejoindre. Plusieurs partenaires nous ont déjà confirmé leur engagement, parmi lesquels La Poste Immobilier, Icade ou encore Nexity.

Propos recueillis par Alexandre Hervaud

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