Depuis le MIPIM 2026, Astrid Weill, directrice générale de Groupama Immobilier, interroge la notion de "bonne ville" face à la surabondance de bureaux : mixité fonctionnelle, leçons tirées de Chicago, et conviction que l'hybridation du travail est irréversible , seule l'ampleur du rééquilibrage restant à déterminer.

Le MIPIM comme "place du village mondiale" : c'est ainsi qu'Astrid Weill, directrice générale de Groupama Immobilier et fidèle du rendez-vous cannois depuis 24 éditions, décrit ce salon annuel où se confrontent bonnes pratiques et nouvelles idées. Invitée de l'émission Smart Immo sur BSmart depuis le MIPIM 2026, elle livre une vision lucide et historique des mutations de l'immobilier de bureau :

Comment faire la "bonne" ville ?
7:02

Comment faire la "bonne" ville ?

« Faire la bonne ville suppose de mobiliser toute la filière et de recréer du lien entre les usages », estime Astrid Weill, directrice générale de Groupama Immobilier. Face à la surabondance de bureaux, la transformation devient un levier clé. Le MIPIM permet de confronter les bonnes pratiques, comme Chicago qui a developpé la création de logements abordables en supprimant temporairement la taxe foncière. L’enjeu : repenser la ville pour retrouver l’esprit de « place du village », plus mixte et plus vivante.

12 mars 2026

Pour elle, le sujet n'est pas tant la transformation de bureaux en logements que la transformation de bureaux en "autre chose ", toujours au service de la ville équilibrée. L'exemple de Chicago est parlant : la ville a lancé une initiative de reconversion de bureaux du centre en logements abordables, combinant abandon de taxes foncières et prêts garantis par l'État. Mais la comparaison avec la France révèle aussi nos propres contraintes : "Nous, avec notre ville du quart d'heure, où on se donne l'obligation d'avoir l'école à côté de tous les logements, on s'est peut-être fabriqué des contraintes supplémentaires", concède Astrid Weill, non sans une certaine fierté pour ce modèle urbain plus exigeant.

Sur l'ampleur réelle de la vacance, la directrice générale va au-delà des chiffres habituels. Les 7 millions de mètres carrés vacants couramment cités ne concernent que l'Île-de-France : il faut doubler pour obtenir une estimation nationale. Et à terme, ce sont peut-être 30 % des 100 millions de mètres carrés du parc français qui sont structurellement en surnombre, sous l'effet conjugué du télétravail, du flex-office et de la dématérialisation. "On ne reviendra jamais en arrière de l'hybridation des modes de travail", tranche-t-elle. Le retour au bureau peut en changer les proportions, pas la nature profonde. La réponse, comme toujours chez Groupama Immobilier, groupe mutualiste ancré dans le monde agricole, tient en trois mots : "le bon sens paysan".

La rédaction

Newsletter Flash

Pour recevoir notre newsletter,
merci de renseigner votre mail

{emailcloak=off}

GUIDE ET CLASSEMENTS

> Guide 2025