L’État se débarrasse de ses parts dans des actifs liés au logement et aux infrastructures, dont le célèbre tunnel du Mont Blanc.
La CDC acquiert pour 2,5 milliards d’euros d’actifs auprès de l’État
C’est l’un des plus importants deals de ce début d’année, et il se fait entre la Caisse des dépôts et consignations et l’État français ! Le ministère de l’Économie a en effet annoncé hier céder ses parts dans plusieurs actifs. Au menu : les participations de l’État dans trois structures. La première, la Société pour le logement intermédiaire (SLI), concerne le logement, tandis que les deux autres sont liées aux infrastructures : l’ATMB (Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc) et la SFTRF (Société française du tunnel routier du Fréjus).
« Cet accord avec l’APE illustre notre engagement commun en faveur de la souveraineté du pays et du développement des territoires. En intégrant ces actifs à notre portefeuille, nous renforçons notre capacité à agir en faveur des infrastructures essentielles et de la transition écologique, au service de nos concitoyens et de la compétitivité du pays ainsi que pour le logement intermédiaire via la Banque des Territoires et CDC Habitat. Ces acquisitions s’inscrivent pleinement dans notre mission d’actionnaire public de long terme, aux côtés des collectivités et des acteurs locaux pour bâtir une France plus résiliente et solidaire », commente Olivier Sichel, directeur général du groupe Caisse des Dépôts.
L’État actionnaire fait le tri dans son portefeuille
Créée en 2015 avec un capital de 750 millions d’euros, la SLI a pour vocation d’investir dans le logement intermédiaire et travaille tout particulièrement avec le in’li (groupe Action logement). L’ampleur de son patrimoine reste assez floue, puisqu’aucun chiffre public récent n’est disponible.
L’ATMB et la SFTRF ont été créées respectivement en 1957 et 1962 et sont des sociétés d’économie mixte chargées de l’exploitation de plusieurs ouvrages routiers clés. Créée en 1957, l’ATMB exploite le tunnel du Mont-Blanc, mais également l’Autoroute Blanche et la Route Blanche. L’État se sépare donc des 67,3 % des parts qu’il détenait jusqu’ici.
La SFTRF est, quant à elle, née en 1962 et est en charge du tunnel du Fréjus ainsi que d’une partie de l’autoroute de la Maurienne. La participation de l’État y était particulièrement élevée, puisqu’il détenait 99,93 % des parts.
La cession de ces deux sociétés n’est, pour le moment, qu’à l’état de projet, la transaction étant soumise à plusieurs procédures auprès du personnel ainsi qu’à l’obtention d’autorisations réglementaires. Elle pourrait cependant être finalisée cette année.
Ces cessions figurent parmi les premiers résultats de la revue stratégique publiée l’an dernier par l’Agence des participations de l’État (APE). Celle-ci avait appelé à un renforcement de l’action de l’État actionnaire dans des secteurs clés (industrie, énergie, défense…). Une stratégie qui passe donc par la cession de certaines participations jugées moins cruciales. Les fonds ainsi dégagés devraient être réinvestis à 100 % et ne serviront pas à réduire la dette comme certains le craignaient.
François Arias

