Le groupe hôtelier pourra tirer jusqu’à 975 millions d’euros de la cession des parts restantes de son pôle immobilier.
Accor cède ses parts d’Essendi à Blackstone et Colony IM
Clap de fin pour Accor et Essendi (ex-AccorInvest) ! Le groupe hôtelier achève de se désengager de ses activités immobilières, un mouvement entamé en 2017. À l’époque, le groupe souhaitait se recentrer sur ses activités hôtelières et avait donc filialisé son pôle immobilier, avant d’en vendre 65 % des parts l’année suivante à des fonds souverains et à plusieurs acteurs institutionnels. Une opération qui lui avait rapporté plus de 4,6 milliards d’euros et qui allait dans le sens de sa décision de se concentrer sur l’exploitation d’hôtels sans en détenir les murs.
Un reste de parts à céder
Accor s’était toutefois engagé à conserver 30 % des parts jusqu’en 2023. Cependant, une fois l’échéance atteinte, la situation économique était bien différente : lourdement touchée par la crise sanitaire, la filiale avait mis en place un important plan de transformation. Ce dernier impliquait, entre autres, la cession de nombreux actifs et un recentrage sur l’Europe ainsi que sur des biens d’entrée et de milieu de gamme. Résultat : des finances assainies, un changement de nom pour devenir « Essendi » et, surtout, pour Accor, la possibilité de vendre enfin les 30 % de parts qu’il lui restait. La société ne cachait d’ailleurs pas être à la recherche d’un acquéreur depuis plus d’un an.
Blackstone et Colony IM entrent dans la danse
Plusieurs scénarios étaient donc possibles, comme une cession aux acteurs déjà entrés au capital en 2018 ou l’arrivée d’un nouvel intervenant. C’est ce second scénario qui s’est concrétisé : un consortium composé du fonds américain Blackstone et de Colony IM rachète les 30,56 % de parts restantes. Le paiement se fera en deux temps : 675 millions d’euros immédiatement après la réalisation, puis un complément de prix pouvant atteindre 300 millions d’euros.
En parallèle, Accor confirme sa stratégie de conversion du portefeuille d’Essendi en hôtels sous contrats de franchise d’une maturité de 20 ans. Le groupe annonce également allouer la majeure partie des sommes obtenues à des rachats d’actions, ce qui devrait contribuer à soutenir un cours de Bourse affecté par le conflit au Moyen-Orient.
La cession effective devrait avoir lieu d’ici au troisième trimestre – sous réserve, bien entendu, des autorisations réglementaires et de la finalisation du pacte d’actionnaires.
François Arias

